DE DENISE ROSIA
A DENISE VARENE

 

 

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TEMOIGNAGES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marcel Bianchi et Denise Varène
Le "look rustique" de Denise Rosia chantant "Je te le le " avec Henry Tallourd...

 

 

Rita Castel et Denise Rosia
(à droite)

 

 

 

 

.DENISE ROSIA SUCCEDA A CLAUDE EVELYNE, DE 1953 A 1955.


Après une longue carrière en compagnie de mon époux Marcel Bianchi, hélas décédé
en 1997, qui nous a apporté beaucoup de joies musicales et de merveilleuses découvertes à l’occasion de nos nombreux contrats à l’étranger, je dois dire que les 2 années que j’ai passées dans l’orchestre de Jacques Hélian sont à jamais gravées dans ma mémoire.
Comment pourrais-je oublier l’honneur d’avoir connu, si jeune, et participé à un vedettariat collectif, avec un tel engouement du public et une rare joie de vivre, sur scène et dans la vie de tous les jours ! Je mesure avec le recul des années ma grande chance et mon grand privilège d’avoir vécu cette aventure alors que le métier de la chanson est tellement différent et difficile de nos jours… Jacques Hélian était un homme gentil, charmant, courageux, menant « à la baguette » cette classe de grands enfants toujours prêts à faire des blagues, et surtout sur scène ; d’où les éclats de rire quasi permanents qu’il avait bien du mal à maîtriser, le dos tourné à la salle en nous dirigeant ; et cette joie le public la ressentait, d’où le succès, grandissant chaque soir, qui nous faisait oublier la fatigue de longues journées de travail. Car un tel spectacle imposait une discipline de chaque instant. Un vrai tourbillon de musique : répétitions de chansons,
enregistrement des disques, émissionsde radio et départ en bus, train, avion pour les concerts, et cela tout au long de l’année. Pas question de parler fatigue avec Jacques !
Ce qui m’épate le plus aujourd’hui, c’est le travail des disques à cette époque, inimaginable : Tout en direct et en une seule prise, chanteurs + orchestre, après une rapide répétition. Nous apprenions les chansons, ou lisions les partitions, avec les parties des solistes. Impensable aujourd’hui ! ! !
Je me revois sur scène au milieu des Hélianes, en Avril 1954, le soir de notre Première à l’Olympia, devant un parterre de vedettes : Maurice Chevalier, Charles Trenet… Nous étions pleins de trac, et heureux !
Mon plus triste souvenir c’est, hélas, la mort de Jean Marco avec cet horrible accident. Je chantais auprès de lui depuis 2 mois seulement. Très dur moment à vivre le lendemain soir quand il a fallu reprendre le spectacle sans lui et continuer cette tournée du « Super Circus » avec Tino Rossi. Enorme chagrin. C’était un grand chanteur, une voix unique, un garçon adorable. C’est beaucoup grace à lui si Jacques Hélian m’a contactée : Jean m’avait vue chanter à Marseille en 1952 et m’avait dit : « J’en parlerai à Jacques » J’ai gardé d’affectueuses relations avec Rita Castel et Lou Darley, une grande chanteuse. Claude Evelyne, que j’ai remplacée « au pied levé » avait une très jolie voix : difficile, pour moi, de lui succéder !
Bien sûr Jacques nous a quittés et d’autres solistes ont disparu aussi, mais la magie des disques les garde vivants dans nos cœurs. Les sorties de CD presque simultanées de Jean Marco, J. Hélian (« Mon Petit Fichu ») et le mien chez Marianne Mélodie, 19 chansons enregistrées ces 10 dernières années en son direct comme mes disques chez
« Vogue » de 1957 à 1960, me font apprécier davantage encore tout ce chemin parcouru et la chance que j’ai d’être encore là ! ! Ce témoignage me replonge dans un bain de jouvence et de bonheur, c’est une nostalgie vivifiante ! ! ! J’espère et souhaite que de nouveaux Hélianistes découvrent cette merveilleuse période des glorieuses années 50 et 60.

Denise « ROSIA » VARENE. Avril 2004.