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L'EDITORIAL DU WEBMASTER.

JACQUES HELIAN ET MOI

Je ne suis pas mono-maniaque ; je ne passe pas mon temps à écouter
Jacques Hélian ! Au fil des années, mes fréquentations musicales m'ont conduit de Nat King Cole à Sinatra, de Belafonte à Joan Baez, de Joni Mitchell à Tom Waits, de Dave Brubeck à Pat Metheny, de Brel à Cabrel, Goldman, Sanson, Voulzy...et tant d'autres! Si le boum-boum de la techno m'exaspère, il arrive que les harmonies de Tryo me séduisent...
Nous voilà bien loin d'Hélian, dira-t-on. Pas si sûr.
On est marqué par les premières musiques que l’on entend et qui font “tilt” : Les miennes étaient signées Hélian. Ce touche-à-tout musical m’a entrouvert des portes qui m’ont conduit vers des paysages musicaux dont je ne soupçonnais même pas l’existence à 10 ou 12 ans. Je ne lui en serai jamais assez reconnaissant.
C’est ainsi que, derrière “le Carrioleur”, j’ai découvert Tennessee Ernie Ford ; derrière “Jambalaya”, Hank Williams ; derrière “Tennessee valse”, Lès Paul et Mary Ford, bref toute la Country Music de l’époque. Le Marco de “Sous un ciel orangé” m'a conduit vers le Sinatra de l’époque Tommy Dorsey ; les Hélianes et les choeurs vers Peter, Paul and Mary , “Les Mammas et les Papas” ou "Beau Dommage"; enfin, et peut-être surtout, derrière l’orchestre, se profilaient les "big bands", leur architecture, leur son qui n'ont jamais cessé de me fasciner; ceux d’outre Atlantique, bien sûr, de Duke Ellington, Count Basie, Stan Kenton , à Harry James, Herb Alpert, Harry Connick Jr; mais aussi les grands orchestres de chez nous, au premier rang desquels ceux de Michel Legrand (neveu d'Hélian) et de Claude Bolling où se sont retrouvés très naturellement bon nombre des musiciens d’Hélian après 1957.
Est-ce à dire, toutefois, que l’orchestre Hélian n’était qu’une sorte de hall que l’on traversait rapidement pour aller ailleurs? Ce serait un peu court!
D’abord, il y a les choses qu’il faut reconnaître: la chanson au stade industriel, genre kleenex où un titre chasse le précédent et sera, à son tour jeté après usage… Comme les journées ne font que 24 heures et que celles de l’orchestre étaient plus que bien remplies, on pratiquait une sorte de taylorisme: les arrangeurs arrangeaient, le chef dirigeait, les musiciens jouaient , les chanteurs chantaient… et souvent on ne faisait pas dans la fioriture: certaines chansons étaient carrément niaises et certains gags plutôt lourds...
Mais imagine-t-on ce que pouvaient être les contraintes d’une entreprise de 35 personnes qui avaient des contrats et qu’il fallait payer quoi qu’il arrive? Les tubes qui cartonnent étaient une question de survie pour l’orchestre et il en fallait beaucoup car les volumes de ventes n'avaient rien à voir avec ceux des stars de maintenant.
Cela dit, à coté d’ « Etoile des neiges » ou de « Musique en Tête », il y avait des morceaux travaillés, sophistiqués même, arrangés avec talent et interprétés par la fine fleur des chanteurs et des musiciens de l’époque. Ce n'étaient généralement pas ceux-là qui rapportaient de l'argent mais cela n'importait guère.
Qui niera qu’Hélian a fait sonner les cuivres comme personne? Que quelques mesures de n’importe quel titre suffisaient à l’identifier? L’utilisation des trompettes bouchées, rythmique comme dans “les Trappeurs de l’Alaska” ou mélodique comme dans “la Fête des Fleurs” est l’une de ses signatures et le talent de René Beaux n'y est évidemment pas pour rien.
Et puis, peut-être par dessus tout, une ambiance de joie de vivre, reflet de l’optimisme retrouvé malgré les difficultés matérielles et les guerres coloniales, portée par des refrains simples, joyeux, contagieux et, disons le, bien faits. Et une alchimie qui ne se réduit pas à ses seuls ingrédients et qui garde sa part de mystère: peut-être la totale connivence, à un moment donné, entre un artiste - des artistes - et leur public.
Autant de raisons pour flâner dans le hall, aller et venir, humer, savourer. Pour ce qui me concerne, j’ai besoin d’y revenir de temps à autre, comme pour me ressourcer ; de m’arrêter devant mon jude-box et de m’offrir ma sélection du jour. Et les souvenirs reviennent : un strapontin au Trianon Palace de Toulouse en Mars 53. Même si, depuis, on a vu Duke Ellington, Yves Montand, Jacques Brel ou Bruce Springsteen, on ne peut pas oublier.
La France a eu deux grands orchestres de music-hall: Ray Ventura avant la guerre, Jacques Hélian après. Il y aurait quelque injustice à n'évoquer que le premier, même si…
Même s’il est vrai que Ventura a mis à son repertoire, avec l'aide de Paul Misraki, quelques chansons intemporelles qui manquent chez Hélian; même si certaines des musiques qu’Hélian a commises dans les années soixante en surfant sur sa notoriété (tandis que Ventura avait la
bonne idée de se reconvertir dans le cinéma), ont, à juste titre,
terni son image .
Il n’empêche que le chapitre chatoyant que Jacques Hélian et son orchestre ont inscrit dans l’histoire de notre music-hall de 1944 à
1957 ne mérite pas de tomber dans l’oubli qui le menace.
Puissent ces pages, qui sont aussi les vôtres et qu’il convient désormais de faire vivre, apporter leur modeste contribution.

Roland Fauré, 9 avril 2004

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DEVOIR DE MEMOIRE

Ce site est né de deux convictions. La première c'est que, laminées par les média et leur logique du fric facile, les " années Jacques Hélian " sont en train de tomber dans un oubli injuste. La seconde c'est qu'internet fournit l'outil idéal pour enrayer l'érosion.
Certes, il existe quelques livres, et nous en parlons longuement. Mais le propre d'un livre c'est qu'il a un coût auquel seuls ceux qui connaissent et apprécient déjà le sujet ou l'auteur sont susceptibles de consentir.
L'accès à un site internet relève d'une toute autre logique : celle de la navigation aléatoire. On passe…et on jette un coup d'œil, même si on ne sait guère de quoi il s'agit. Si le site est bien fait, on peut espérer que tel ou tel internaute non seulement s'arrêtera mais reviendra plus longuement. D'autant que la visite d'un site n'a rien de linéaire ; il n'y a pas forcément un début, un milieu et une fin ; on peut " feuilleter" le parcours dans tous les sens.
Seule restriction (mais je reconnais qu'elle est de taille) : la tranche d'âge potentiellement la plus intéressée par Jacques Hélian ne fréquente pas majoritairement internet…en tout cas pas encore, mais les choses évoluent, et beaucoup plus vite qu'on ne le croit. Et puis on peut penser que les générations plus jeunes donneront un coup de main…
Une chose est certaine : la " réponse " des anciens fans de l'orchestre prouve, s'il en était besoin, qu'ils n'ont rien oublié : un coup d'œil à la rubrique " vos lettres "vous en dira plus que de longs discours.
Jacques Hélian et sa joyeuse équipe ont eu la célébrité de Sardou ou Hallyday. Il fallait parfois faire appel à la police pour gérer l'émeute qui accompagnait la fin d'un concert. Certaines régions avaient la réputation d'être encore plus enthousiastes : le nord de la France, la Belgique, Marseille, et aussi l'Afrique du Nord, le Québec. Est-il pensable que tout cela disparaisse de notre mémoire collective, simplement parce que ceux qui concoctent les programmes de variétés à la télévision n'en ont jamais entendu parler?
Les chansons joyeuses de Jacques Hélian revivent désormais sur le web; elles sont TOUTES disponibles et vous êtes régulièrement plusieurs centaines à ne pas rater le rendez-vous mensuel (1) des 5 titres en ligne pour un téléchargement gratuit . Continuez de nous rendre visite et de nous écrire.

Roland Fauré, Mai 2006. Mise à jour le 13/1/2009.

1- Ce rendez-vous a été supprimé le 31/12/2010.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

REMERCIEMENTS

Que toutes celles et tous ceux, artistes ou fans, qui ont permis à ce site d’être ce qu’il est, en offrant leur savoir, leur savoir-faire, leurs écrits, leurs souvenirs, documents, photos, ou simplement leur soutien, soient , ici, sincèrement remerciés. Notamment Jean Bahuhaud, George Blanc, George Bruneau, Rita Cullaz (Castel), Jo Charrier, Lou Darley, Jean Escax, Claude Evelyne, René Farcy, Zappy Max, Henry Merveilleux, André Paquinet, Patoum, Lucien Perié, Jean Rousseau, Marie-Pierre Ruiz, Vanessa Serie, Maurice Stocky, Denise Varène (Rosia).
Un merci spécial à Jean Legendre et Jacques Ormières : ils sauront pourquoi.
Un autre merci spécial à Bruno Fauré qui a eu la patience de faire les réglages techniques de la page "Ecouter Jacques Hélian"

 

 

 

 

 

 

DONNEES TECHNIQUES
A ce jour (8 mars 2010), ce site occupe 76% de l'espace (100 mega-octets) qui est mis à sa disposition par son hébergeur, Orange.

La répartition est la suivante:

-Fichiers vidéo (Au nombre de 4; page "Extraits des films"): trop voraces en "espace-mémoire", ils ont été externalisés sur les sites "You Tube" et "Daily Motion", ce qui a permis de les étoffer et surtout d'en améliorer la qualité.
-Fichiers audio mp3 (Au nombre de 16; page "Ecouter Jacques Hélian"): 27,03 mo
(presque 30%)
-Images (vignettes, photos normales, photos agrandies): 32 mo.
-Textes: 11 mo.

 

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