LES TEMOIGNAGES DE
ZAPPY MAX ET JO CHARRIER

 

TEMOIGNAGES
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ZAPPY MAX ET JO CHARRIER Y ETAIENT: LE PREMIER DE 1944 A 1947, LE SECOND DE 1945 A 1949: ILS RACONTENT:

Le 28 septembre 1944, j'ai signé un contrat de chanteur-danseur-animateur. Je m'y engageais à me tenir à la disposition de l'orchestre 6 jours par semaine, au choix de M. Jacques Hélian. Salaire hebdomadaire: 3000 F. Le pactole!
Le printemps 45 a donné le signal de départ à la période la plus dingue de toute mon existence. Démence sympathique au demeurant puisqu'avec l'orchestre, elle m'a promené sur toutes les routes de l'Europe francophone. Aussi divers qu'hétéroclites, les moyens de transport utilisés ont eu pour constante un irrespect total d'un horaire quelconque. Les heures de départ nous étaient toujours connues, celles des arrivées jamais. Sauter d'un autocar antique sur la scène d'un théâtre; abandonner une salle de bal pour un train poussif; échanger le vacarme d'un camion militaire avec l'acoustique feutrée d'un studio: tel a été le programme forcené de cette bousculade de tous les jours. Nous nous sommes restaurés au hasard la fourchette.Copieusement lorsque l'affaire se révélait juteuse. Plus succinctement si la location pour le gala ne répondait pas aux espoirs des organisateurs.
Le repos? N'en parlons pas. Record battu par un enchainement, sur 48 heures, de deux bals de nuit,deux spectacles de gala,une émission de radio et sa répétition. Tout cela sans avoir le temps ni de dormir ni de s'asseoir à une table de repas. Qui dit mieux? Je tiens à souligner combien sont nombreux ceux qui doivent leur départ à Jacques. Il a toujours eu une sorte de flair pour détecter les talents en puissance et n'a jamais ménagé son aide apportée aux jeunes. Nous sommes quelques uns à pouvoir en témoigner. Il a toujours fait le maximum pour les différents éléments qu'il a engagés ce qui n'est pas tellement courant dans la profession. Oui. Encore un sincère merci à celui que je n'ai tutoyé qu'après m'être séparé de lui.

ZAPPY MAX, Extrait de "Mes Quitte ou Double", Ed. Dreamland.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon arrivée dans l’orchestre

Jacques Hélian, à la libération, veut monter un grand orchestre de scène. Il demande à tous les amis du métier s’ils
connaissent des musiciens ; il s’adresse, notamment à Jean Laporte, chef d’orchestre très connu qui m’avait fait « monter » à Paris. Son orchestre est vivement formé : 4 saxos, 3 trombones, 4 trompettes, piano, basse, batterie, une chanteuse : Francine Aubret, un chanteur : Zappy Max qui nous quittera 2 ans plus tard pour devenir la vedette que l’on sait. Mais Hélian voulant un autre chanteur, Laporte lui indiqua mon adresse, lui disant : « Je te connais un gars bien, qui joue du violon, de la trompette, du saxo, du bandonéon, qui chante en Français et en Espagnol (les tangos), qui écrit et qui, en plus, est « un rigolo»…
Jacques me fait appeler, je lui chante « Quand allons-nous nous marier ? », il m’interrompt en me disant qu’il cherche un chanteur à voix ; je lui réponds : « Si vous voulez Georges Thill, ce n’est pas moi ! ». Nous nous quittons après qu’il m’ait dit (mauvais signe !) : « Donnez-moi votre adresse, je vous écrirai. »
Je travaillais le soir dans une boite de nuit avec un Cubain et plusieurs musiciens. Quelques jours après, l’excellent accordéoniste Charley Bazin (1) , avec lequel j’avais travaillé chez Jean Laporte, me demanda de venir dans un grand dancing à George V. « Pour le paiement, me dit-il, tu verras avec Jacques ». Jacques qui ?
« Viens avec ta veste blanche et ton violon ».
J’arrive à « L’Armorial » où je vois une affiche de Jacques Hélian…et je joue les tangos avec Charley, ainsiqu’un guitariste, un piano et une basse. C’était bien et pendant les spectacles que l’orchestre donnait, je faisais toutes sortes de mimiques à côté. Voyant que cela amusait les gens, Jacques me dit : « Tu pourrais rester avec nous… »
Me voilà parti en tournée et là, les sketchs et les chansons ont été mon domaine, car j’en ai écrit des salades et « saucissons » (nom que l’on donne aux chansons dans notre métier) ; salades et saucissons que nous avons fait applaudir dans toute la France…et à l’étranger.
(1) Charley Bazin allait aussi entrer dans l'orchestre (NDLR).

Jo CHARRIER, Avril 2004. Violoniste, fantaisiste, chanteur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'orchestre au cabaret "L'Armorial" en 1944/45.

 

Jo Charrier, Zappy Max et Jacques Hélian.

 

Zappy Max invite Francine Claudel